lundi 30 juin 2014

De Plymouth aux îles Scilly

Le ferry en provenance de Roscoff nous a amené Michel à l’heure (en ces temps de grève SNCF, c’est beau !). C’est donc avec lui que nous repartons le dimanche 22 juin de Plymouth vers… l’Ouest. Si le soleil est toujours très présent, le vent faible modère nos ambitions : nous aimerions atteindre les îles Scilly, mais jusqu’où pourrons-nous aller ? Nous tenons quand même le spi asymétrique pendant 2 heures, et tentons de nous amarrer devant le petit port de Polperro : l’avant port est trop étroit, les bouées visiteurs confortables déjà occupées… Il fait très chaud, mais nous poursuivons vers la rivière de Fowey où nous prenons une bouée devant le village de Polruan.
Fowey
Les conditions étant similaires le lendemain, et « échaudés » par la journée de la veille, nous réduisons encore nos ambitions : une étape de 6 nautiques nous mène au port de Mevagissey (avec des maquereaux que Daniel a péchés).
Mevagissey

Nous avons donc le temps de profiter de ce port de pêche encore actif et de marcher le long d’un sentier côtier dans l’après-midi. Mardi, le vent nous surprend : il nous accompagne pendant plusieurs heures. Nous décidons d’en profiter et d’ignorer l’étape de Falmouth. Nous atteignons le petit port de Coverack avant que le vent ne s’effondre, et mouillons devant.
Coverack

Une visite rapide, une halte « quatre heures » avec pâtisseries sans gluten et nous voilà repartis pour profiter d’un vent du Nord qui nous est annoncé, mais prend son temps pour ce faire. Enfin, il se lève : nous retrouvons le plaisir de la voile et rejoignons au près et à bonne vitesse le port de Newlyn vers 21 heures. Nous sommes plutôt fatigués : une journée à 50 nautiques, nous n’en avions plus l’habitude. Le capitaine de ce port de pêche important nous a accueilli avec entrain et nous a trouvé une petite place entre 2 pannes qui accueillent déjà un voilier et un bateau de pêche tout rouillé. Quasiment pas besoin d’amarre car nous sommes coincés entre les deux, et espérons que la masse de rouille à notre tribord ne décidera pas de prendre la mer au milieu de la nuit… Heureusement l’épicerie du coin reste ouverte jusqu’à 23 heures, et nous avons juste le temps de compléter nos provisions en prévision d’un séjour aux îles, car maintenant, nous y croyons !
Newlyn : mieux vaut contacter le Harbour Master avant...
Le démarrage du lendemain matin est prévu vers 7h30 pour profiter des courants porteurs… dur’, dur’ la voile !
Mais la distance est courte : 37 nautiques, alors que nous avons l’habitude de rejoindre les Scilly depuis la France, après une nuit en mer. Et les vents sont porteurs : 5h30 de nav et 2 surfs à plus de 10 nœuds, dans une mer plutôt agitée, ça déménage ! Et nous Y sommes…
Courte étape, mais beau point de chute. Visite des villages de chaque côté de l’estuaire, thé dans la salle commune à l’occasion d’une fête locale et bière au pub : sympa !

samedi 21 juin 2014

Devon : de Totnes à Plymouth

Mardi 17 juin, nous quittons notre ponton du chantier de Totnes pour descendre la rivière Dart avec le courant. Le temps est un peu gris, mais le soleil apparaîtra bientôt. Tout est calme... Et nous croisons 2 phoques, à plusieurs kilomètres de l’embouchure de la rivière ! Nous nous laissons glisser devant la ville de Dartmouth et montons les voiles. La mer est agitée, mais le vent faible… comme depuis 2 ou 3 semaines… Il nous faudra même un peu de moteur pour arriver à Elender Cove, une petite crique où nous attendrons que la mer remonte : grand calme au pied de falaises. A 18h00 nous relevons l’ancre et une heure de moteur  nous permet d’atteindre un ponton visiteurs dans la rivière de Salcombe. La ria est différente de celle de Dartmouth mais tout aussi belle, dans une version moins densément peuplée. Ce qui n’empêche que les mouillages l’encombre : la réglementation est stricte et nous sommes loin du village. C’est donc en bateau-taxi que nous la rejoignons le lendemain. La ville est aussi très différente, avec un tourisme complètement tourné vers la mer, des magasins de vêtements, marins, innombrables aux chantiers et ateliers nautiques. Nous faisons une belle ballade vers la pointe Sud de la ria, et explorons un bras secondaire en annexe à marée basse. Les courants sont importants et le moteur de l’annexe est capricieux, mais ça passe avec un peu d’huile de coude !
Salcombe
Salcombe
Pikourous sur son ponton
Où est mon annexe ?
Le débarcadère du ferry
Jeudi 19, il fait toujours aussi beau et le vent est toujours faible et changeant. Daniel a l’espoir, dans ces conditions de pouvoir entrer dans la petite rivière d’Avon. La barre qui en barre l’accès découvre de 2 mètres aux plus basses marées, et le marnage est ce jour de 3,4m : osé. C’est donc une heure avant la marée haute que nous nous présentons, à toute petite vitesse en essayant de suivre le cours d’une rivière qui n’est pas décrit car changeant… Difficile avec notre tirant d’eau qui est quand même important… Nous touchons dans une bosse de sable, et décidons de faire demi-tour. Avec des regrets : le site est magnifique et d’une grande quiétude… Il n’est que 10 heures du matin, nous mettons le cap sur l’estuaire de la rivière Yealm. 
Yealm
Yealm
Le vent daigne nous aider… et à midi nous sommes amarrés de nouveau sur un ponton au milieu du lit de la rivière. Rivière encore différente, tout aussi belle et encombrée par les mouillages, et encore plus calme ! Belle ballade en remontant la rivière : apparemment les propriétaires se sont entendus pour laisser un passage aux piétons, ce qui est plutôt rare au royaume du « Private ». Nous l’avions déjà constaté lors de nos visites précédentes, mais il nous semble que cet aspect s’aggrave. La gestion de la navigation dans les 3 rivières que nous avons visitées a été confié à des associations qui font payer le simple droit de naviguer sur le plan d’eau (8,40 livres, soit plus de 10 € par jour pour la rivière Dart). Il faut ensuite payer assez cher pour une bouée ou un ponton (non relié à terre, sans eau ou autre service) car l’espace autorisé pour rester à l’ancre est minuscule et évidemment pas le mieux placé… Mais la mer est trop agitée pour permettre un mouillage forain sur la côte, et il reste que ces endroits sont magnifiques, et que la pression des navigateurs est forte pendant la belle saison…
Vendredi 20 juin nous quittons notre petit paradis un peu plus tôt que prévu : Daniel a besoin de consulter à nouveau un médecin. Cap sur Plymouth, que nous atteignons vers 10h30 dans les mêmes conditions de soleil et de vent que les jours précédents. Nous avons découvert dans le guide de navigation que nous venons d’acquérir une tout nouvelle marina, King Point Marina, qui a l’avantage de se trouver à la sortie des installations de la Brittany Ferries. Or,nous accueillerons à bord samedi soir Michel qui arrivera de Roscoff.
La marina est petite, les installations somptueuses : grand confort, grand calme, avec un accès en bus en quelques minutes aux lieux plus touristiques ou aux commerces. Le responsable de l’accueil nous trouve un rendez-vous chez le médecin en moins de temps qu’il ne faut pour le dire : ça baigne ! Nous profitons de la ville, et faisons une grande toilette au bateau ! Pour la 4° fois en 2 semaines, nous sortons notre taud de soleil car il fait trop chaud pour déjeuner sur la plage arrière ! Mais oui, nous sommes le 21 juin, en Angleterre !
King point marina à Plymouth

lundi 16 juin 2014

Devon : de Torquay à Dartmouth et Totnes

Les coefficients de marée sont importants (100), et c’est pour éviter des courants de plusieurs nœuds contre nous dans la rivière Dart que nous décidons de partir tôt le 15 juin de Torquay.
Le vent est toujours faible, et une houle d’Est s’est installée, courte et difficile à passer. Mais le soleil reprend de la vigueur en route, et Daniel pêche 2 maquereaux… Avant midi, nous sommes amarrés à couple sur le bateau d’un couple aimable devant Dartmouth.
Nous y sommes venus voici quelques années. Aucune surprise, mais le même émerveillement… même si l’activité touristique est à son comble en ce dimanche ensoleillé.

Nous nous promenons en ville en attendant que la marée remonte : notre objectif est de passer la nuit bien en amont de la rivière, à Totnes. 2 heures de navigation avec le moteur au ralenti mais portés par le courant : les paysages ne sont pas sans nous rappeler l’Odet. Moutons, vaches et leur odeur, pépiement des oiseaux non marins : cela nous change ! Et un grand calme qui nous fait du bien.
Nous arrivons une heure avant la marée haute, et avons toujours eu largement assez d’eau : pas moins de 3 mètres. Un couple d’anglais sort de son bateau pour nous accueillir sur le ponton que nous visons : super ! Ils nous renseignent sur la qualité des fonds sur lesquels PikouRous s’échouera cette nuit et nous aident à trouver le meilleur emplacement et la meilleure façon de s’amarrer. Nous sommes surpris de la douceur du poser sur un fond aussi douteux. Pikourous est dans une baignoire entourée de cailloux !!!
La nuit est calme et la ville de Totnes vaut vraiment la visite, avec château bâti par les Normands pour surveiller les Saxons, maisons du XVI°, magasins variés et originaux (même si ils sont touristiques) et restos sympas.
Bref, nous sommes ravis de notre visite dans la rivière Dart, et préparons à un nouvel échouage à Totnes avant une escapade dans une ria voisine : Salcombe.
Dans la soirée ce sont les jeunes du coin qui animent la rivière en s’entraînant à l’aviron. 
C’est en fait un chantier naval qui met à disposition un petit ponton, contre rétribution, mais tout se paie ici, même le simple droit de naviguer sur la rivière : 8 livres et 40 cents pour nous…
Dartmouth : très busy
Kingswear en face de Dartmouth
Baltic Wharf  Boatyard
Totnes au bout de la rivière Dart
Les possibilités d'amarrage sont limitées à Totnes
Pikourous à Totnes

Remontée de la rivière Dart

Si j'avais su, j'aurais pas venu

samedi 14 juin 2014

Vers l'Angleterre

Dès potron minet à Beaucette...
Les commentaires de nos voisins de ponton anglais nous ont dissuadé de visiter la côte Sud de l’Angleterre : Poole, l’île de Wight, pour cause de surpeuplement en Londoniens ???
Vendredi 13 juin dès potron minet, c’est donc vers Brixham que nous nous sommes dirigés, soit nettement plus à l’Ouest. La traversée est nettement moins longue qu’à partir de la Pointe de Bretagne : une grande journée y suffit. Le soleil est bien présent mais le vent n’est pas bien vaillant : 2 ½ heures de spi asymétrique, une belle heure au bon plain, et le reste au moteur avec ou sans voile selon la bonne volonté d’Eole. Danièle a lu un polard et Daniel a enfin pêché un maquereau (pas bien gros)… Le seul piment est la traversée des rails de cargo au large des Casquets. Sur le rail montant, c’est 4 cargos en cours de dépassement les uns des autres qu’il nous a fallu éviter. Mais de jour, et avec les instruments dont nous disposons maintenant, plus d’angoisse !
L’arrivée à Brixham est décevante : le port ne disposerait pas de la place nécessaire pour nous accueillir et nous envoie de l’autre côté de la baie à Torquay, éloigné de 3 nautiques.
Entre chiens et loups à Torquay..
La journée de samedi, avec une visite de Brixham en bus nous confirme dans l’impression que nous avions formé en lisant nos guides : Torquay, c’est la « riviera anglaise », mais avec un petit côté sympa quand même, et Brixham qui est tout autant envahie de touristes a gardé une plus grande authenticité. Un excellent fish & chips sans gluten, mais beaucoup de monde, une grande chaleur (et toujours pas le moindre souffle de vent) : nous passons la fin de l’après midi à l’ombre du bateau !
Brixham
Nous avons hâte d’arriver, mais la police des frontières en a décidé autrement, et s’invite à bord. Apparemment la défiance des douaniers français vis-à-vis des retours des îles anglo-normandes est partagée de ce côté de la Manche ! Bon, c’est pas tout, nous en profitons pour leur demander de nous aider à contacter les autorités de la marina de Torquay pour nous assurer que nous y trouverons une place : OK, ça marche et à 21h45 nous sommes au ponton !

jeudi 12 juin 2014

Guernesey


Déjà 5 nuits à Guernesey ! 4 au port de Saint-Peter, et une à la marina de Beaucette. Comme à Jersey, les bus nous permettent des visites faciles.
Victoria Marina à St Peter's Port
Il y a tout autant de sentiers, de rochers épars et de places fortes de toutes époques ; les paysages sont peut-être moins extrêmes mais la richesse des « défiscalisés » est moins voyante. La vie nous a semblé moins chère (coût du port, courses, lessive…) mais le choix alimentaire est moins grand, et les fruits sont aussi tristes qu’en Grande Bretagne.
Victoria Marina au petit matin
A Saint-Peter, la ville est très agréable, de même que la marina Victoria. Et la marina de Beaucette, située dans le fond d’une ancienne carrière de granit reliée à la mer en faisant exploser un pan de mur a un cachet tout particulier. Le soleil a été très présent, le vent plutôt aux abonnés absents. Et la visite de cousins, Josette et Alain nous a permis de partager ces bons moments et de retourner faire un saut à la plage de Shell Beach de Herm !
L'entrée de Beaucette marina creusée à la dynamite
L'entrée de Beaucette marina à marée basse
Bon, il serait temps de changer d’endroit… Côte Sud de la Grande Bretagne… Sud-Sud (Poole, le Solent…) ou Sud-Ouest que nous avons déjà visitée ? Nous cherchons des avis sur le ponton… Et puis le vent ne s’annonce pas bien vaillant pour demain vendredi, mais nous l’aurons dans le nez samedi… Il va falloir trancher ! Et vite, car si départ il y a de sera vers 6h00…

lundi 9 juin 2014

De Carteret à Guernesey

Le port nous libère en ce jeudi 5 juin à 11h45 : cap sur Guernesey et ses îles sœurs. Nous avons laissé passer le coup de vent d’hier : le vent est même plutôt faible. Mais la houle qu’il a levée et qui se réfléchit visiblement sur la côte Ouest du Cotentin est bien présente : le début de la traversée est plutôt désagréable avec une mer confuse… et la suite se fait au moteur. Le seul plaisir est la navigation autour de l’île de Sercq jusqu’au mouillage le plus abrité de la houle : Port à la Jument, sur la côte Ouest.
Port à la Jument sur la côte ouest de Serk : remote, dramatic and peacefull...
Port à la Jument
Port à la Jument
Pikourous rentrerait dans cette grotte...
Nous avons l’impression d’être mouillés le nez dans la falaise, et nous y sommes seuls ! Visite de l’île à pied, et des grottes en annexe : la journée de vendredi passe vite. Et nous sommes à peine rentrés que le mouillage s’agite, sans que nous puissions comprendre pourquoi : la marée ? Changement de mouillage pour le Havre Gosselin à quelques centaines de mètres (et un goulet) plus au Sud.
Herm, côte ouest
Le début de la nuit y est effectivement calme… mais au petit matin, l’agitation reprend. On nous avait prévenus : tous les mouillages de Sercq sont « rouleurs »… Alors, vas pour l’île voisine : Herm et son mouillage devant les débarcadères au Sud-Ouest. Idyllique après 18h00 le soir. Carrément bruyant avant, un samedi après-midi : ferries de toutes tailles et bateaux de plaisance à moteur animant puissamment le mouillage… Mais nous apprécions le charme de Herm et décidons d’aller mouiller dimanche sur la côte Est (Shell Beach), puisque le vent le permet.
Shell Beach sur la côte est de Herm (49°28,628N-002°26,748W)
Manque plus que les Vahinées..
Les faisans ne sont pas chassés sur cette île (privée)
Super matinée, puis comme la veille une invasion de bateaux (à moteur avec ou sans skis nautiques, jet-skis, offshore powerboat, etc…) en provenance de Guernesey mitige un peu notre plaisir. Nous ne pourrons pas y rester et profiter d’une soirée au calme : des orages sont annoncés avec des vents violents et tournant et nous voulons rejoindre la marina de Guernesey avant que le seuil du port ne nous permette plus d’entrer. Nous sommes d’ailleurs à peine sortis du mouillage que des rafales de plus de 25 nœuds le traversent. C’est à qui lèvera le plus vite son ancre ! La débandade ! Quel spectacle sur notre route vers le port que toutes sortes d’embarcations empruntent… Nous arrivons avec quelques minutes d’avance : tout va bien, et la marina n’est pas surchargée : à nous Guernesey, pour quelques jours !
Victoria Marina à Guernesey

dimanche 8 juin 2014